
Prise en charge pluridisciplinaire des maladies non transmissibles à l'ère de la couverture santé universelle en Afrique
- ›20 septembre 2026 : Ouverture officielle du congrès
- ›Du 20 au 23 septembre 2026 · Kinshasa, RDC
- ›Lieu : Kinshasa - RDC
- ›+ de 400 participants attendus
01 · Présentation
Justification
Les maladies non transmissibles (MNT), notamment les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète, les maladies respiratoires chroniques, les maladies rénales chroniques, l'obésité et les troubles de santé mentale, constituent aujourd'hui un défi majeur de santé publique à l'échelle mondiale. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, elles représentent la première cause de mortalité dans le monde et sont responsables d'une proportion croissante de décès prématurés, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
L'Afrique n'est plus épargnée par cette dynamique. La région connaît une transition épidémiologique caractérisée par une double charge de morbidité : la persistance des maladies transmissibles et l'augmentation rapide des maladies chroniques liées aux changements démographiques, à l'urbanisation accélérée, à la modification des habitudes alimentaires, à la sédentarité, au tabagisme et à la consommation nocive d'alcool.
En République Démocratique du Congo (RDC), cette transition s'opère dans un contexte de fragilité du système de santé, historiquement structuré autour de la lutte contre les maladies infectieuses et les urgences sanitaires. L'augmentation progressive de l'hypertension artérielle, du diabète, de l'obésité, des accidents vasculaires cérébraux et de certains cancers pose un défi majeur, d'autant plus que ces affections sont souvent diagnostiquées tardivement, à un stade de complications invalidantes et coûteuses. L'insuffisance de systèmes de surveillance épidémiologique spécifiques aux MNT limite la disponibilité de données fiables pour orienter les politiques publiques. Par ailleurs, l'accès aux services de dépistage, aux médicaments essentiels et au suivi à long terme demeure inégal, particulièrement en milieu rural.
À ces défis sanitaires s'ajoutent des contraintes structurelles et socio-économiques importantes. Le financement des soins repose encore largement sur le paiement direct par les ménages, exposant les familles à des dépenses catastrophiques et à un risque accru d'appauvrissement. La prise en charge des maladies chroniques exige un suivi continu, des examens réguliers et un traitement à vie, ce qui accentue la pression sur les systèmes de santé et sur les ressources financières des patients. Le déficit en ressources humaines qualifiées, l'insuffisance de formation continue sur les MNT et le manque d'intégration de ces pathologies dans les soins de santé primaires constituent également des obstacles majeurs à une réponse efficace et durable.
Dans ce contexte, l'avènement et la mise en œuvre progressive de la Couverture Santé Universelle (CSU) représentent une opportunité stratégique pour repositionner la prévention et le contrôle des MNT au cœur des priorités nationales. Promue par l'Organisation mondiale de la Santé dans le cadre des Objectifs de Développement Durable, la CSU vise à garantir l'accès de toutes les populations à des services de santé essentiels de qualité sans difficultés financières.
L'intégration des MNT dans le paquet de services essentiels de la CSU est indispensable pour réduire la mortalité prématurée, prévenir les complications invalidantes et limiter les inégalités d'accès aux soins. Elle implique le renforcement des soins de santé primaires, la mise en place de stratégies efficaces de prévention primaire (promotion d'une alimentation saine, lutte contre le tabagisme, encouragement de l'activité physique), le dépistage précoce des facteurs de risque, ainsi que l'amélioration de la disponibilité des médicaments et des technologies de base.
La priorisation des MNT dans le cadre de la CSU se justifie non seulement par leur poids croissant en termes de morbidité et de mortalité, mais également par leur impact socio-économique majeur. Les maladies chroniques réduisent la productivité, affectent les populations en âge de travailler et compromettent le développement économique national. Investir dans la prévention et la prise en charge intégrée des MNT constitue donc un levier essentiel pour améliorer la santé des populations, renforcer l'équité et soutenir la croissance durable. Pour la RDC et l'ensemble des pays africains, relever le défi des maladies non transmissibles à l'ère de la Couverture Santé Universelle n'est plus une option, mais une nécessité stratégique pour assurer un développement sanitaire, social et économique harmonieux et durable.